Raphaël Astier, premier leader
Le 26e Tour de Corse Historique s'est élancé ce mardi de Calvi, avec 446 voitures au départ. Pour sa toute première participation, Raphaël Astier, associé à Denis Giraudet (Porsche 911 RS n°10), prend la tête de l'épreuve au terme des deux spéciales tracées en Balagne. Tom et Tristan Pieri (BMW M3 n°12) suivent à 2 secondes, devant Julien Saunier et Frédéric Vauclare (Renault 5 Maxi Turbo n°2), à 8 secondes.

Compétition
Certaines spéciales se passent de présentation. Notre-Dame-de-la-Serra est de celles-là. Au programme du Tour de Corse Historique depuis 25 ans, elle ouvrait ce mardi la 26e édition dans son sens traditionnel, de Calvi vers Argentella : 13,653 km taillés à flanc de falaise, entre roches ocre et parapets suspendus au-dessus de la Méditerranée. Le décor qui orne l'affiche 2026, avec la citadelle de Calvi en toile de fond, avait attiré la foule des grands jours, sous un grand soleil. Les 239 équipages autorisés à prendre le départ en Compétition enchaînaient ensuite avec Argentella - Fango (12,346 km), une route bosselée au revêtement fatigué, où il fallait tenir les voitures.
Dans ce premier juge de paix, impossible de départager les deux équipages les plus rapides : Raphaël Astier et Denis Giraudet d'un côté, Tom et Tristan Pieri de l'autre, en 7'50 chacun, soit 104,6 km/h de moyenne. Comme un clin d'œil à 2025, quand Olivier Capanaccia et Bertrand Fassio avaient ouvert le bal à égalité parfaite. La performance d'Astier est à signaler : leader du championnat de France des rallyes, double champion de France deux roues motrices (2023, 2025), l'Ardéchois découvre le Tour de Corse Historique, avec à ses côtés Denis Giraudet. Avant le départ, il se voyait « un peu en difficulté au début », le temps d'apprivoiser une Porsche 911 RS à boîte manuelle, loin des palettes au volant de sa Porsche moderne. Il a pourtant signé le meilleur temps dès sa première spéciale, et avec un échappement débranché dans les premiers kilomètres !
Dans Argentella - Fango, Julien Saunier et Frédéric Vauclare ont frappé à leur tour en signant le meilleur temps (8'25), devant les Pieri, à 2 secondes. Crédité du même temps (temps forfaitaire), Astier conserve la tête au soir de cette première journée. C'est une première réponse encourageante pour la Renault 5 Maxi Turbo, profondément remaniée durant l'hiver après une édition 2025 contrariée par sa direction. De son propre aveu, Saunier a pourtant roulé en gestion, dans une spéciale qu'il redoutait pour les crevaisons et la casse mécanique.
Thomas Argenti et Meryl Giraldo (BMW M3 n°8) pointent au 4e rang, à 22 secondes. Juste derrière, Christophe Casanova et Stéphane Delleaux (Porsche 911 RS n°4), vainqueurs en 2021, devancent d'une seconde Maxime Rizzo et Enzo Mahinc (Porsche 911 RSR n°250). Bertrand Fassio et Jean-François de Montredon (Porsche 911 RS n°9) sont 7e, devant Tanguy Tailler et Julien Jaime (Porsche 911 SC n°18). Les deux Lancia Delta de Didier Auriol et Fabrice Gordon (n°3) et de Yoann Bonato et Benjamin Boulloud (n°6) se tiennent en 1 seconde.
Raphaël Astier (Porsche 911 RS n°10) : « La journée se termine avec deux premiers chronos plutôt pas mal. On a eu l'échappement qui s'est débranché assez tôt dans la première ES, et j'avais du mal à entendre mon copilote par moments. Je n'ai pas eu le temps de regarder le paysage, mais au début, nous sommes passés dans des gorges magnifiques, avec le parapet au-dessus de la mer. Il y avait du monde, la voiture résonnait dans les parois rocheuses, on avait un son incroyable. La deuxième ES était plus compliquée : bosselée, toute martelée, il fallait tenir la voiture. Le rallye est long, heureusement : on va avoir le temps de se familiariser avec la voiture. »
Tom Pieri (BMW M3 n°12) : « Savoir qu'on est là, c'est génial, on a forcément eu plein de doutes. C'était très compliqué, on avait vraiment beaucoup de glisse, zéro grip, et je n'ai pas réussi à trouver le rythme. Alors c'est étonnant que ce soit aussi bien ! En historique, les voitures sont toutes très différentes, et en plus il y a de grands noms du rallye, alors on ne sait jamais où on se situe. Se retrouver devant avec Raphaël Astier, devant Yoann Bonato, devant Didier Auriol, c'est fou ! Mais on n'a fait que deux spéciales sur 19, ça ne veut rien dire. C'est bon pour le moral disons. »
Julien Saunier (Renault 5 Maxi Turbo n°2) : « Dans la première spéciale, avec ce monde incroyable sur les côtés et le soleil qui tapait, c'était magique. On a progressé sur tous les points qui nous embêtaient l'an dernier, la voiture est presque irréprochable. Elle sait même faire des choses que je ne sais pas encore lui demander ! C'est frustrant, mais elle est diamétralement opposée à toutes les voitures que je connais. Il va falloir prendre les kilomètres les uns après les autres pour la comprendre. »
Classement VHC
Astier / Giraudet (Porsche 911 RS n°10) en 16'15
Casanova / Delleaux (Porsche 911 RS n°4) à 28''
Rizzo / Mahinc (Porsche 911 RSR n°250) à 29''
Classement scratch
Astier / Giraudet (Porsche 911 RS n°10) en 16'15
Pieri / Pieri (BMW M3 n°12) à 2''
Saunier / Vauclare (Renault 5 Maxi Turbo n°2) à 8'
Régularité
Les équipages engagés en Régularité (VHRS) avaient leur propre menu, sur les hauteurs de la Balagne. La ZR 1, Tesa - Muro (13,027 km), longeait le barrage de Codole. La ZR 2, Cateri - Montemaggiore (11,238 km), s'achevait après la célèbre série d'épingles de Montemaggiore, où était jugée l'arrivée de l'édition 2025. Sous un soleil de plomb, les concurrents devaient y respecter au mieux la moyenne choisie, chaque dixième de seconde d'avance ou de retard aux points de contrôle étant pénalisé. Un point de la ZR 2 a d'ailleurs piégé tout le monde : même les meilleurs y ont concédé plus de 2 secondes.
À ce jeu, Christophe Baillet et Jean-Marc Piret (Porsche 911 n°332) ont frappé fort d'entrée. Ils pointent en tête avec 4,8 secondes de pénalités cumulées, après avoir remporté la ZR 2. La ZR 1 était revenue à un équipage inattendu : Christian et Romain Bos, à 0,8 seconde seulement au volant de leur Citroën CX (n°340), 6e au cumul. Derrière Baillet, l'affaire est familiale. Jean-François Nicoules et Jérôme Dupard (Ford Escort RS 2000 n°414) sont 2e à 1,6 seconde. Son fils François Nicoules, associé à Antoine Grouillard (Renault Alpine A110 1600 S n°428), suit à 1 dixième seulement et mène la Moyenne Modérée. Les Italiens Giorgio Schon et Carlo Merenda (Lancia Delta n°335) sont 4e, devant les Danois Kenneth Simonsen et Otto Kristensen (Lancia Fulvia HF n°497), leaders de la Moyenne Basse. Les tenants du titre, Yves Deflandre et Jennifer Hugo (Porsche 911 n°330), sont 10e à 4,3 secondes.
Christophe Baillet (Porsche 911 n°332) : « On appréhende toujours. Ça fait 2 ou 3 jours qu'on tourne en rond en attendant les premières spéciales, donc c'est un soulagement de démarrer. La descente de Montemaggiore était très chaude, avec des épingles très serrées. C'est mieux que ce que je pensais, je suis très content de ma journée : d'habitude, je démarre comme un diesel ! Ce qui est pris est pris. Ça joue au dixième, ça restera très serré je le sais. »
Jérôme Dupard (Ford Escort RS 2000 n°414) : « On s'attendait à du gras, voire de l'humide, et finalement on a eu du très sec. Les Corses aiment ce type de compétition, et nous, on les adore pour ça : c'est un vrai bonheur de rouler au milieu d'un public de fans, sur des routes qui, sur le continent, ne seraient probablement pas ouvertes. Le bitume est dégradé, mais notre voiture a un châssis terre, très solide. Alors ça chahute : c'est la grande lessiveuse dans la voiture, mais quel bonheur d'être là ! »
François Nicoules (Renault Alpine A110 1600 S n°428) : « On se tient tous dans un mouchoir de poche. Ces deux spéciales étaient assez courtes, et surtout il en reste 17, dont certaines très longues : on va en garder sous la pédale et ne pas s'emballer. Il a fait très chaud aujourd'hui, ce ne sera pas plus mal que ça se rafraîchisse un peu pour nos vieilles mécaniques à partir de demain. »
Classement général Régularité
Baillet / Piret (Porsche 911 n°332) : 4,8 s
J.-F. Nicoules / Dupard (Ford Escort RS 2000 n°414) à 1,6 s
F. Nicoules / Grouillard (Renault Alpine A110 1600 S n°428) à 1,7 s
Leaders par moyenne
Haute : Robinet-Loiseau / Robinet (Porsche 911 SC n°322)
Intermédiaire : Baillet / Piret (Porsche 911 n°332)
Modérée : F. Nicoules / Grouillard (Renault Alpine A110 1600 S n°428)
Basse : Simonsen / Kristensen (Lancia Fulvia HF n°497)






