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Étape 4 : Astier tient bon ; le podium se resserre

il y a 44 minutes
7 min de lecture

À une journée de l'arrivée, le Tour de Corse Historique tient son patron, mais pas encore son podium. Au terme d'une 4e étape entièrement tracée dans l'Alta Rocca, Raphaël Astier et Denis Giraudet (Porsche 911 RS n°10) ont rejoint Ajaccio avec 2'49 d'avance sur Tom et Tristan Pieri (BMW M3 n°12). Derrière, tout se resserre : Yoann Bonato et Benjamin Boulloud (Lancia Delta HF Integrale n°6) ne sont plus qu'à 42 secondes des Pieri, et Julien Saunier et Frédéric Vauclare (Renault 5 Maxi Turbo n°2), les plus rapides du jour, à 17 secondes de Bonato.



Compétition


Place à l'Alta Rocca, ses villages de granit et ses routes taillées à flanc de montagne. Entre Propriano et Ajaccio, cette 4e étape alignait quatre spéciales et 98,4 km chronométrés, sous des averses qui ont cédé la place au sec en fin de journée. La journée s'ouvrait par Arbellara - Zerubia (ES11, 25,8 km). Sur une route encore humide, Yoann Bonato et Benjamin Boulloud (Lancia Delta HF Integrale n°6) y ont signé le meilleur temps à égalité avec Astier et Giraudet, en pariant sur les pneus tendres. Le ton était donné, Astier ne voulant pas couper son effort.


Suivaient Chialza - Orone (ES12) et son saut final, Aullène - Zicavo (ES13), où Claude Balesi avait devancé toutes les voitures d'usine en 1987 avec une Renault 5 Turbo de groupe N, puis Petreto-Bicchisano - Bisinao (ES14), le pont de Calzola et un final « type Corse », étroit et sale.


L'homme fort de la journée s'appelle Julien Saunier. Après un jeudi de galères, entre jantes fissurées et turbo défaillant, le pilote de la Renault 5 Maxi Turbo n°2, associé à Frédéric Vauclare, a enfin trouvé une mécanique sans faille : deux victoires de spéciale, à 2 et 3 secondes du meilleur temps dans les deux autres, et le meilleur temps total sur l'étape, 14 secondes devant Raphaël Astier.


Le leader, lui, reste maître du jeu, avec 2'49 d'avance sur Tom et Tristan Pieri (BMW M3 n°12), piégés par deux mauvais choix de pneumatiques. « On est partis en slicks sous la pluie, puis en pluie sur le sec », résume Tristan Pieri. Se jugeant isolés entre le leader et la Lancia qui suit, les Pieri ont aussi choisi de « régaler le public », frein à main tiré dans les virages serrés. Mais derrière eux, tout se resserre : Bonato n'est plus qu'à 42 secondes, et Saunier à 17 secondes de Bonato. 3 voitures en 59 secondes seulement pour deux marches du podium, avant une dernière étape annoncée sur le sec, terrain favorable à la R5. « La 3e place va sauter », prédit Bonato, beau joueur. « S'il fait beau, on ne pourra pas lutter avec la puissance de de la Renault 5. »


La journée a tourné au cauchemar pour Thomas Argenti et Meryl Giraldo (BMW M3 n°8). Après un moteur capricieux dans Aullène - Zicavo, le levier de vitesses est resté dans la main du pilote au milieu de Petreto-Bicchisano - Bisinao : 23 km bloqués en 2e, à 8 000 tr/min. « Ça pétait dans tous les sens, ça a fumé », raconte la copilote. Plus de 6 minutes perdues, une 5e place envolée pour 3 secondes. Reste l'espoir, mince, de repartir samedi.


Cette 5e place revient aux frères corses Jérôme et Jean-François Mancini (BMW M3 n°14). Endeuillés par la disparition brutale de leur père Michel quelques jours avant le départ, ils ont choisi de courir « pour lui » leur 5e Tour de Corse Historique ensemble. Dans le top 15 lundi soir, 9e mercredi, 6e jeudi, ils signent le 5e temps de l'étape du jour et rejoignent ce top 5 dont Jérôme rêvait en secret avant le départ.


L'Alta Rocca a aussi fait des victimes. Aullène - Zicavo a mis fin au beau parcours de Pierre Vivier et Jean-Christophe Garcia (Renault R5 Turbo n°28) : 26e lundi soir, ils étaient remontés au 12e rang et occupaient la 3e place du VHC quand ils se sont élancés en slicks dans l'ES13, sur une route aux portions très humides. « Je suis parti en tête-à-queue, j'ai tapé la roue arrière et cassé le porte-moyeu, raconte Pierre Vivier. Rien de méchant, mais on n'a pas pu repartir. » L'équipage reprendra la route samedi sous le régime du Super Rallye. Didier Auriol et son copilote ajaccien Fabrice Gordon (Lancia Delta n°3) n'auront pas eu la joie de rallier Ajaccio : sortis de la route jeudi dans Ghisoni - Fischer, ils n'ont finalement pas repris le départ ce vendredi.


Signalons enfin que l'ES 11 a été retardée à la suite de la sortie de piste de la Porsche 911 n°123, tombée plusieurs mètres en contrebas de la route. Le pilote Andreas Kunz et son copilote Franck Macle s'en sortent respectivement avec un pied et une cheville cassés.


Julien Saunier (Renault 5 Maxi Turbo n°2) : « Zéro souci mécanique aujourd'hui. Notre motivation, c'était de signer des scratchs et d'aller chercher la 3e place qu'on avait laissé filer sur un mauvais choix de pneus. Yoann (Bonato) a super bien roulé, mais dans la dernière, sur le sec, on a fait la différence. Le truc, c'est que la R5 manque d'expérience : les BMW et les Porsche progressent depuis 40 ans, alors que nous, nous avons tout à apprendre avec les pneus et les plaquettes d'aujourd'hui, car le modèle est bien moins représenté en compétition. Pour demain, on va rester raisonnables, mais on va essayer d'accrocher le podium. »


Raphaël Astier (Porsche 911 RS n°10) : « Une bonne journée encore, mais on a roulé quasiment tout le temps sur le mouillé, avec des notes prises en reconnaissance il y a plus d’une semaine, donc avec un peu d’hésitation. La dernière spéciale était sèche, mais on nous annonçait des portions très dégradées par l’orage d’hier : alors avec notre avance, on n’a pas voulu prendre de risques et on est restés en pneus pluie. Au final, c’était presque tout sec, dommage ! La voiture fonctionne très bien, aucune alerte. On anticipe beaucoup nos zones de freinage, tout en gardant un petit rythme pour ne pas se déconcentrer. Demain, on fera pareil. Avant le départ, je visais le podium, au pire le top 5. La victoire, j’y ai pensé… faiblement ! »


Yoann Bonato (Lancia Delta HF Integrale n°6) : « On a fait un très bon choix ce matin en partant en pneus tendres, et c'est comme ça qu'on signe le scratch. Mais dès que c'est sec, c'est tellement dur pour nous : les voitures sont trop différentes en puissance. Peu importe, on se régale ! Il y a une ambiance de malade, des gens qui sautent de joie au bord de la route, et la voiture crache de grosses flammes. On fait le spectacle, c'est génial. »


Classement VHC

  1. Astier / Giraudet (Porsche 911 RS n°10) en 3h32'44''

  2. Guignard / Collinet (Renault 5 Tour de Corse n°35) à 18'47''

  3. Penlae / Penlae (Porsche 911 SC n°37) à 22'59''


Classement scratch

  1. Astier / Giraudet (Porsche 911 RS n°10) en 3h32'44''

  2. Pieri / Pieri (BMW M3 n°12) à 2'49''

  3. Bonato / Boulloud (Lancia Delta HF Integrale n°6) à 3'31''

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Régularité


Les routes changent, Christophe Baillet et Jean-Marc Piret (Porsche 911 n°332) restent. Sur les 27,4 km de Petreto-Bicchisano - Bisinao (ZR 14), avalés à la lueur des phares, le duo signe un sans-faute absolu : il est le seul équipage du plateau à n'encaisser aucun point. Arrivé vers 20h30, Christophe Baillet en redemande : « C'est chaud, mais c'est beau. » Sur la journée, le duo n'a pris que 2,1 secondes de pénalités et porte son avance à 5,9 secondes à la veille de l'arrivée.


Yves Deflandre et Jennifer Hugo (Porsche 911 n°330) ont longtemps mené les débats du jour, avec 2 dixièmes dans la ZR 11, un sans-faute dans la ZR 12, puis le meilleur résultat de la moyenne intermédiaire dans la ZR 13, Aullène - Zicavo. Avant l'ultime zone, ils avaient repris 7 dixièmes aux leaders. Mais la nuit leur a tendu un piège dans la dernière zone : une touchette, une aile et une partie du pare-chocs abîmées. La pénalité reste minime (1,6 seconde), la soirée beaucoup moins : l'équipage cherchait encore une crémaillère de direction pour repartir samedi. Leur 2e place, elle, tient bon.


Derrière eux, Bruno Saby et Christophe Marques (Porsche 911 SC n°356) poursuivent leur montée en puissance : après leur victoire dans la ZR 10 jeudi, ils pointent désormais au 3e rang provisoire, à 15,5 secondes. Une belle montée pour le vainqueur du Tour de Corse 1986, qui découvre ici la Porsche. Sa monture habituelle, la Renault 5 Turbo de son titre de champion de France des rallyes 1981, vient de lui offrir la Coupe de France des Rallyes VHRS 2026, décrochée fin septembre à Montélimar, mais n'avait pas eu le temps d'être révisée. Parrain de l'association Espoir contre le Cancer, Bruno Saby a entraîné dans son sillage plusieurs équipages français, allemands et belges, engagés sous ses couleurs.


La performance du jour est signée Alexandre Merle et Pascal Fouchy (Porsche 911 n°369) : aucune pénalité dans les ZR 11 et 12, puis 3,9 secondes concédées dans les ZR 13 et 14. Ils restent 4e. À l'inverse, Lluis Palli et Carles Sasplugas (Innocenti Mini Cooper 1300 n°473) ont pris 14,3 secondes dans la ZR 12.


Christophe Baillet (Porsche 911 n°332) : « La dernière, spéciale complètement de nuit, c'était chaud, mais c'était beau, avec de vraies sensations. En régularité, on ne peut jamais gérer : la moindre faute se paie dans les passages techniques. Rien n'est gagné avant l'arrivée. Mais là, on a associé concentration et plaisir de routes sublimes, dans le noir. »


Yves Deflandre (Porsche 911 n°330) : « On avait fait une belle journée, on avait un peu mené les débats, mais la dernière zone était piégeuse et on s'est fait avoir. On a bien tapé : une aile, une partie du pare-chocs. Ça m'arrive très rarement, ça fait partie de la course. La pénalité est faible, mais il y a du travail sur la voiture. »


Bruno Saby (Porsche 911 SC n°356) : « La régularité, c'est un métier à part. Sur le continent, je roule en moyenne haute et j'attaque même plus qu'ici, mais là, on fait parfois des zones à moins de 60 de moyenne. Il faut tout décomposer dès les reconnaissances, c'est peut-être là que je peux encore progresser. Heureusement, mon coéquipier Christophe fabrique lui-même les appareils de régularité, alors il sait s'en servir ! Je découvre encore cette discipline qu'est la régularité, qui fait travailler la tête, et à nos âges, ce n'est pas désagréable. »


Classement général Régularité

  1. Baillet / Piret (Porsche 911 n°332) : 16,4 s

  2. Deflandre / Hugo (Porsche 911 n°330) à 5,9 s

  3. Saby / Marques (Porsche 911 SC n°356) à 15,5 s


Leaders par moyenne

  • Haute : Lacassagne / Lutran (Lancia Delta Integrale n°319)

  • Intermédiaire : Baillet / Piret (Porsche 911 n°332)

  • Modérée : Kashin / Kostyrko (Volkswagen Scirocco n°368)

  • Basse : Loens / Loens (Morris Cooper S n°487)




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