Cinq Triumph TR7 V8 au départ !
- TDCH

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Cinq Triumph TR7 V8, dont plusieurs aux couleurs de l’usine, participeront au Tour de Corse Historique, du 3 au 10 octobre 2026. Cette célébration sera complétée par la présence d’un pilote officiel Triumph de l’époque : l’Américain John Buffum. Voiture méconnue, la Triumph TR7 V8 avait fait ses débuts officiels en Championnat du Monde des Rallyes lors du Tour de Corse 1978, avec Jean‑Luc Thérier et Tony Pond.

Cinq Triumph TR7 V8, présentées dans leurs livrées d’usine, seront au départ du Tour de Corse Historique 2026. Quatre d'entre-elles seront alignées Philippe Galland (Lange Competition), l'un des grands spécialises européens dans la préparation des voitures de la marque anglaise en rallye.
Méconnue du grand public, la Triumph TR7 V8 se distingue par ses lignes tendues et son profil en coin, ainsi que par la sonorité rauque de son puissant moteur de 370 chevaux. Véritable curiosité de l’histoire automobile britannique, cette version radicale n’a été produite qu’à 19 exemplaires par l’usine, à la charnière des années 1970 et 1980.
Des pilotes de pointe
La délégation pourra compter sur la présence de Stéphane Poudrel, vainqueur de la Coupe de France des Rallyes 1995 et de la Coupe de France de la Montagne 2001 sur Renault 5 Turbo. Depuis 2013, le natif de Montélimar totalise 36 victoires au volant de sa Triumph TR7 V8 ex-usine. Une autre voiture sera confiée à Philippe Fertoret, vice-champion de France des Rallyes VHC en 2024.
La célébration « Triumph » sera complétée par la présence du vétéran John Buffum, pilote officiel Triumph de 1977 à 1981. Le pilote de 82 ans, qui reste à ce jour le seul Américain vainqueur d’une manche du Championnat d’Europe (ADAC‑Sachs 1983 et Rallye de Chypre 1984 sur Audi Quattro), participera à son deuxième Tour de Corse Historique. Il prendra le volant d’une Ford Escort RS 2000 Mk II de 1980, engagée en régularité (VHRS).
1978, première mondiale en corse
Engagée pour la première fois en Championnat du monde lors du Tour de Corse 1978, la Triumph TR7 V8 n’a pas rencontré le succès escompté, malgré la présence de pilotes illustres tels que Jean‑Luc Thérier, Tony Pond ou John Buffum. C’est peut‑être justement cet échec qui la rend encore plus culte aujourd’hui.
Dans les années 1970, le groupe multi‑marques britannique British Leyland ne disposait pas de voiture pour succéder à la légendaire Mini Cooper en rallye. Le choix du géant industriel se porta finalement sur la Triumph TR7, coupé sportif aux lignes résolument modernes, équipé du quatre‑cylindres 2 litres de la Dolomite Sprint.
En 1976, le pilote britannique Tony Pond offrait à la voiture sa première victoire dans son championnat national, donnant au constructeur des ambitions mondiales. Équipée d’un V8 de 3,5 litres développant 295 chevaux, la TR7 V8 devait désormais rivaliser avec les Lancia Stratos, Porsche 911, Ford Escort RS et autres Fiat 131 Abarth.
Tony Pond et Jean‑Luc Thérier faisaient débuter la voiture en Championnat du Monde lors du Tour de Corse 1978. Mais leurs ambitions allaient être de courte durée : lors de la liaison menant à la première spéciale, entre Bastia et Saint‑Florent, les voitures perdirent leurs bouchons de boîtes de vitesses, provoquant une vidange complète de l’huile et l’abandon des deux équipages. Les rumeurs persistantes de sabotage ne seront jamais démontrées.
D’autres pilotes de renom se succédèrent ensuite au volant des TR7 V8 : Simo Lampinen, Timo Mäkinen, Roger Clark, Per Eklund. Ce dernier décrocha le meilleur résultat d’une TR7 V8 en mondial avec une 3e place au Rallye des 1000 Lacs 1980, tandis que Tony Pond remporta quatre victoires de prestige au Manx Rally (1978, 1980) et aux 24 Heures d’Ypres (1978, 1980).
Parallèlement, la voiture s’imposa comme une référence en Amérique du Nord grâce à John Buffum, champion national en 1980 et auteur de 33 victoires au scratch en cinq saisons disputées en tant que pilote officiel pour Triumph, au volant des TR7 et TR8.
L’arrivée du Groupe B modifia ensuite les orientations de British Leyland, qui se lança dans le développement de la Metro 6R4, tandis que la marque Triumph avait déjà été abandonnée par l'empire industriel en plein déclin.

Stéphane Poudrel, pilote sur Triumph TR7 V8 depuis 2013 : « En 2013, je voulais me mettre à l’historique, mais les budgets flambaient déjà. J’avais trouvé cette Triumph en Belgique. En m’intéressant à son histoire, je suis tombé sur une déclaration de Jean‑Luc Thérier qui affirmait que ne pas avoir été au bout de son développement constituait l’un de ses plus grands regrets. Cela m’a convaincu de l’acheter. Cette auto est un peu le prolongement de ma personnalité : elle a un look atypique, personne ne la connaît vraiment, mais son potentiel est énorme. Je prends beaucoup de plaisir à son volant. »

John Buffum, pilote usine Triumph de 1977 à 1981 : « La TR7 V8 était très efficace et agréable à piloter sur les spéciales roulantes, en terre, du championnat américain. Elle avait un couple de camion, ce qui permettait d’enchaîner les virages sans changer de rapport. En revanche, elle manquait de fiabilité au début. Cette fragilité a durablement transformé mon style de pilotage, en le rendant plus doux et plus propre. Je l’ai pilotée quatre fois en championnat du monde : au Rallye de Grande‑Bretagne 1979, 1980 et 1981 (trois abandons), ainsi qu’au Critérium du Québec 1978, où j’ai terminé 7e avant d’être disqualifié pour être reparti sans casque ni ceinture après avoir perdu une roue. »












